Publié : 3 octobre 2007
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Une journée de formation pour les enseignants du Lycée

"Un coin des SVT, une idée qui germe depuis un an et se concrétise enfin en octobre 2007, par un premier article qui, je l’espère, donnera des envies et déclenchera chez nos jeunes des initiatives avec l’espoir de trouver sur le site du lycée des lecteurs assidus"

Nicolas HOUDUSSE

Le vendredi 21 septembre dernier, les enseignants en SVT de l’académie de Rouen se sont rendus au Centre Régional de Documentation Pédagogique de Mont Saint Aignan (Rouen) où Madame Catherine BOURSE et Monsieur Jean-Pierre BARRE, les IPR IA de la discipline les avaient invités à deux conférences.

DEBAT D’IDEES

Dans la matinée, Monsieur Guillaume LECOINTRE, professeur du Muséum National d’histoire naturelle (Paris) du département « Systématique et évolution » s’est exprimé sur les différentes formes du créationnisme, en particulier sur le créationnisme scientifique qui « s’autoproclame » comme un théorie scientifique de remplacement de celle de l’évolution (qu’elle nie par ailleurs).
Après une description assez précise des grands moments historiques caractérisant l’offensive créationniste, il a nommé les principales propriétés qui font de la science une méthode : scepticisme initial, réalisme, matérialisme méthodologique, rationalité et neutralité métaphysique. Cela lui a permis de souligner qu’il était possible, en gardant ce strict cadre descriptif de la méthode scientifique, de déjouer toutes la plupart des manoeuvres des plus farouches défenseurs du « Dessein Intelligent ».
A une époque où sont véhiculées sur « la Toile » tant d’informations dont il est parfois bien difficile de se faire une idée de l’exactitude, et quand autant de sites hébergent des idées dirigées contre l’Evolution, il semble opportun de proposer aux enseignants des pistes pour répondre aux interrogations d’élèves en mal de sensations fortes dans leurs pratiques quotidiennes.
Pour en savoir plus :Qu’appelle-t-on évolution ? Evolution et créationnismes
http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosevol/decouv/normal/normal.html

RENCONTRE AVEC UN « ANCETRE »

Dans l’après-midi, les enseignants ont un le privilège de rencontrer Monsieur Michel BRUNET (professeur de l’université de Poitiers) dont l’équipe franco-tchadienne (en particulier Ahounta Djimdoumalbaye, ancien étudiant de l’Université de N’Djaména) a exhumé les restes d’un hominidé dans le désert de Djourab, au Nord Tchad, le 19 juillet 2001. Cette découverte a fait l’objet d’une publication, dès juillet 2002 dans Nature.
Ces fossiles correspondent en fait à un crâne très déformé (quasiment complet), mais aussi plusieurs mâchoires inférieures et des dents, l’ensemble représentant probablement les éléments laissés par plusieurs individus. Ces pièces sont datées de 6 à 7 millions d’années. Une reconstruction virtuelle du crâne a permis de restituer sa forme originelle (La Recherche n°387, juin 2005). Bien que possédant des caractères typiquement simiesques (en particulier un volume endocrânien de 360-370cm3), ces restes présentent des « attributs » qui ont permis de faire de (Toumaï : espoir de vie en langue Goran), un très vieux bipède appartenant probablement à la lignée humaine : ses canines sont petites et sans crêtes aiguisoir, le trou occipital (point d’entrée de la moelle épinière dans le crâne) a une position très avancée, à la base du crâne, l’angle entre le plan orbitaire et le plan du trou occipital est supérieur à 90°.

Voilà une autre découverte, qui, après celle « d’ Abel », par la même équipe au Tchad en 1995, remet une nouvelle fois en cause l’hypothèse de Yves Coppens, « l’East side story » qui proposait une origine humaine exclusivement en Afrique de l’est.
« L’humanité » datant actuellement de près de 7 millions d’années, on peut facilement imaginer que cette limite sera encore prochainement reculée, à l’occasion de nouvelles découvertes.
Pour en savoir plus :
http://www.hominides.com/html/biographies/michel_brunet.htm