Publié : 11 avril 2014
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le Cuiseur

Mais comment les élèves sont-ils passés d’un concours intitulé « Les écrits de la Fraternité » à un projet professionnel bien spécifique : celui de la fabrication de cuiseurs (1). Comment sont-ils encore passés de « Je joue dans les champs du monde », thème imposé par la LDH, au projet humanitaire de l’association « Les Amis du monde » (2) ?

Le chemin n’a pas été si simple ….et pourtant ils ont réussi….

Les treize élèves de la classe de 2TCI se sont investis tout d’abord au sein d’ateliers d’écriture organisés essentiellement au CDI de l’établissement et ce, simplement une heure par semaine le vendredi de 15h15 à 16h20 pendant les heures de cours de français encadrés par moi-même. D’autres séances ont eu lieu dans notre salle habituelle.
Un peu de réticences au début par peur sans doute face au mot « écriture ». Mais la motivation a vite pris le dessus, la cohésion de groupe, pas si évidente au préalable, s’est vite mise en place au service d’un projet commun où chacun a trouvé sa place.
Travail préliminaire : « Qu’est-ce-que la fraternité » ? Pas si facile. Un élève m’a même posé la question. Je n’ai pas voulu lui répondre. Il a obtenu les réponses suite à un travail de l’ensemble de la classe autour de toutes les représentations liées à cette notion : pêle-mêle, recherches documentaires, fonds musicaux, mises en commun.
Ensuite vient le thème imposé : « Je joue dans les champs du monde ». Recherche Internet sur la LDH, visite du site, recherche des mots clés, analyse de la plaquette de présentation du concours, pêle-mêle, mise en commun.
Suite à ce travail, où de simples termes ont été énoncés, où une vision globale de l’enjeu a été décelée, mais où les élèves ont compris l’essentiel, ils ont dû construire des phrases avec l’ensemble des mots, notions ou images liés au thème abordé.
Au démarrage, une vision un peu idéaliste et naïve est ressortie. Puis au fur et à mesure de la confrontation de chacune des positions des élèves, la nuance est arrivée : les champs représentent-ils pour tout le monde la même chose ? La réponse a été immédiate : joie pour les uns, travail pour d’autres. De même pour l’expression « Je joue » : oui pour certains et non pour d’autres…
Une petite remarque : pendant toutes ces séances, les élèves ont surmonté la difficulté d’oraliser leurs écrits face au public classe et la mise en commun a permis au fur et à mesure de constituer et d’enrichir un embryon de scénario, prémisse à leur œuvre commune : « Le cuiseur ».
Les séances continuent et les idées fusent : une histoire composée de trois parties : une première qui met en scène une bande de copains du lycée Ferdinand Buisson, une bande très hétérogène sur le plan physique et psychologique mais liée par une amitié profonde ; les scènes se déroulent devant les grilles du lycée, à l’atelier ou encore sur des champs à l’occasion de matchs de foot. A ce titre, des détails réalistes jalonnent l’histoire comme l’inscription bâtiment N, l’emplacement ou les couleurs des portes de l’atelier, l’atelier en lui-même ou encore le matériel professionnel.
Une deuxième partie (qui devait être plus longue) met en scène, au même moment et sur la même durée, le travail dans les champs d’une famille soudée au Burkina Faso.
La troisième et dernière partie consiste à la rencontre des deux mondes par le biais du fameux cuiseur, dont les détails sont là aussi impressionnants. La symbolique également, liée notamment à la solidarité, ou encore la réponse que Pouki attendait à sa question sur la fraternité : il ne l’obtient qu’une fois au Burkina Faso et ce, sans mots, mais uniquement au contact de l’autre famille.
La valeur symbolique de la dernière page se dispense de tout commentaire : qu’elle soit juste valeur d’exemple !
La classe a donc été scindée en plusieurs groupes : le groupe copains, le groupe famille, le groupe dessin et le groupe épilogue. Et chacun, en fonction de son rythme ou de ses possibilités, s’est mis au travail pour tenter de créer une histoire pleine de sensibilité et où le phénomène d’identification a pleinement joué (amitié entre amis, fierté du travail accompli avec le cuiseur, voyage en Afrique…)
Le scénario était bien sûr beaucoup plus approfondi en termes de personnages, actions ou symboliques mais la contrainte graphique et le manque de temps nous ont contraints à réduire le travail effectué en classe à l’essentiel. Quant au travail personnel, notamment aux niveaux des dessins, il a été très conséquent.
Pourquoi le cuiseur ? Les élèves ont eux-mêmes trouvé ce titre qui résume parfaitement leur investissement au sein de leur formation, un investissement à la fois en partie professionnelle et en enseignement général à savoir dans une formation transdisciplinaire au service de leur réussite.
Et voilà une belle réussite ! Les élèves ont démontré une vraie ouverture d’esprit, une vraie sensibilité et une vraie créativité autour de cette belle initiative en faveur de la fraternité.
Leur travail a été sélectionné et est en route vers Paris où un jury national se tiendra en mai 2014 avec à la clé une éventuelle remise des prix. Quoi qu’il en soit leur œuvre commune est déjà une belle récompense ! Quel souvenir également ! Les élèves ont déjà donné leurs impressions : « Un super projet avec tous les potes », « Grand projet au calme, c’était cool », « C’est un projet où tout le monde s’est donné à fond. Bravo à tous », « Beau travail à Nicolas sur le dessin », « Un projet agréable à mettre en place. Merci à tous. ».
Nous n’attendrons pas la remise des prix nationale puisque la Ligue Des Droits de l’Homme d’Elbeuf a souhaité les récompenser : une rencontre est prévue et sera organisée au sein de l’établissement.
Mme Caillemet

1-Les Amis du monde est une association de bénévoles dont les objectifs sont d’initier, de soutenir ou d’entreprendre des actions qui visent à améliorer la solidarité entre les personnes et les peuples, à découvrir d’autres cultures, à promouvoir le développement durable. La pratique du sport comme le cyclisme est une des caractéristiques de l’association.

2- Le cuiseur économiseur à bois est un projet professionnel au lycée qui réunit les trois niveaux de TCI (2de/1ere et Terminale). Ces trois classes travaillent à la réalisation de plusieurs cuiseurs, destinés à être expédiés dans certains pays d’Afrique dont le Burkina Faso. La combustion est beaucoup plus efficace : huit fois moins de bois, dix litres d’eau bouillante en quinze minutes avec seulement 500 grammes de bois au lieu de 4kg avec la méthode traditionnelle du feu ouvert. C’est donc simplifier les corvées de bois, diviser significativement l’achat de bois et faciliter largement la vie au quotidien.

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