Publié : 24 janvier 2013
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Le Torball avec Kaïna, non voyante de la classe.

1 Que pensent les 2ndes accueil BAC PRO de l’activité torball ?
Article fait par Witney et laetitia avec Mme GOBIN, professeur EPS de la classe
Nous avons lu les commentaires de tous les élèves et nous avons dégagé ces quelques points.
* Par rapport à l’activité
Agréable surprise par rapport à la découverte de ce sport.
Activité appréciée par tous.
« C’est un plaisir, une détente ; En fait le sport est nécessaire pour chacun d’entre nous ».
« J’ai vu que Kaïna s’amusait beaucoup »
Ce sport utilise un autre sens, l’ouie. D’après Kaïna il développe aussi l’odorat.
Il est nécessaire d’être à l’écoute, effort de concentration, effort de silence ; « A la 1ère séance pas assez de silence pour réussir complètement ».
Le silence dans les cours est une règle d’OR
* Le ressenti
Les voyants ont plus d’inquiétude, de peur à s’aventurer.
« Je me sens vulnérable »
« Je me sens renfermée »
« J’ai peur de me cogner, de tomber »
C’est l’ECOUTE et la CONFIANCE qui guident et la marche devient plus aisée.
* Quelle différence ? La comprendre
« Tout le monde peut pratiquer le torball avec plaisir, même si au début on a un a priori négatif »
« J’ai compris que c’était difficile pour elle d’être handicapée »
« Nous, on peut enlever le masque à tout moment, elle non, c’est là que nous comprenons la différence, que nous la ressentons »
« Une activité comme celle-là, pour les non-voyants, permet de se dire qu’ils ne sont pas exclus de la société »

* Ouverture sur l’extérieur, sur les autres.
« Activité à faire découvrir à plus de monde, dans le lycée déjà », pour comprendre l’handicap, et encore plus, s’intéresser au problème.
« Ne pas avoir envie que les autres se moquent de nous »
Donc dépasser le ressenti, la moquerie, l’immaturité, les contraintes qu’on s’impose.

"Il faut apprécier tout ce qu’on a, les choses merveilleuses qui nous entoure."


2 Connaissez-vous le torball ?
Le torball, est un sport de ballon pratiqué par les handicapés visuels hommes, femmes ou enfants.

Voici notre règlement dans le cours EPS avec Matthieu Guerville, du centre Normandie- lorraine que nous remercions pour sa participation.
Il se joue avec deux équipes de trois joueurs dont l’objectif est de marquer un but à l’équipe adverse en lançant un ballon sonore uniquement à la main, en le faisant passer sous une corde tendue en travers du terrain.
Étant donnés les impératifs liés au silence lors d’un match, ce sport ne peut se pratiquer qu’à l’intérieur d’un gymnase.
Le terrain est délimité par un rectangle .
De part et d’autre du terrain on trouve un but concrétisé par une ligne de plots qui en occupe toute la largeur, la ligne de fond correspondant à la ligne de but.
Une corde est tendue en travers du terrain, d’un poteau de badminton à un autre. Elle est à une hauteur d’à peu près 40cms, et équipée de clochettes afin de les entendre lorsqu’on les touche. La corde centrale est juste au-dessus de la ligne médiane.
Chaque équipe dispose, dans ce que l’on pourrait appeler « sa zone défensive », de 3 tapis mesurant environ 2 mètres de long sur 1 mètre de large. Fixés au sol par des adhésifs pour ne pas bouger lors des matchs, ils sont placés de telle sorte que leur longueur soit parallèle à la ligne de but.
Ces tapis, outre qu’ils amortissent les contacts avec le sol, permettent aux joueurs de se positionner en défense et de s’orienter avant les tirs en se repérant avec les mains ou les pieds sur les bordures de ces rectangles.
Le ballon de torball pèse 500g. Il a la circonférence d’une balle de volley. Il est en caoutchouc et contient de petites grenailles de fer.
Les joueurs utilisent un masque de ski alpin. Celui-ci a pour fonction de protéger les yeux mais également de mettre tous les joueurs dans les mêmes conditions d’obscurité puisque l’écran a été rendu opaque par un film noir.
Une rencontre dure deux mi-temps de 5 minutes. Pendant la phase de jeu, Les joueurs peuvent se déplacer librement et se positionner n’importe où. Chaque joueur est alternativement attaquant puis défenseur, le ballon devant être relancé uniquement à la main après la récupération.

Le lancer (geste du bowling) est effectué de façon à ce qu’il passe sous la corde.
Si la balle touche une corde, signalé par le tintement des grelots, ou passe au-dessus, ceci est une infraction au règlement et le tireur est pénalisé.

Les joueurs, en défense, attendent le ballon debout, accroupis ou à genoux.
Dès que la balle quitte la main du tireur, les défenseurs peuvent bloquer le ballon dans n’importe quelle position.
C’est en fonction des bruits provoqués par le déplacement du tireur et le roulement du ballon que les joueurs en défense évaluent la trajectoire du tir et se couchent rapidement au sol pour constituer un rempart devant leur but et tenter d’intercepter la balle.

Le torball requiert des qualités physiques : résistance, vivacité, et souplesse.
Il développe également, chez les personnes déficientes visuelles, la notion de repérage dans l’espace, la coordination et la précision des gestes mais surtout fait appel à l’audition.
C’est en effet par l’ouïe que le joueur prend connaissance de toutes les informations concernant la position, le déplacement, la technique et la tactique de ses partenaires et de ses adversaires.

Il est donc indispensable d’être capable d’associer une concentration intérieure, pour tirer au mieux profit de ses propres capacités, et une concentration vers le milieu extérieur, pour analyser et exploiter rapidement toutes les données fournies par les oreilles.

C’est pour cette raison que le Torball se joue dans le silence.

Le torball à l’extérieur.
Les compétitions internationales, entre les équipes nationales ou les clubs, confèrent au torball un statut de sport à part entière et favorisent les échanges entre sportifs handicapés de nombreux pays. Les champions de France masculin et féminin sont qualifiés chaque année pour une coupe d’Europe ou du Monde, en alternance. Une sélection masculine et féminine forment les Equipes de France qui participent régulièrement à des championnats d’Europe et du Monde où la France est l’une des nations les plus titrées.
Le torball n’est malheureusement pas un sport paralympique bien qu’il soit pratiqué dans beaucoup de pays en Europe, France, Allemagne, Belgique, Suisse, Italie, Danemark, Pays-Bas, Malte, Roumanie, Pologne et République Tchèque, ainsi que sur le continent africain, Tunisie, Algérie, Cameroun et au Nigéria.
Il s’est aussi développé en Amérique latine, en Argentine, Uruguay et au Honduras, où on le connaît sous le nom de « torballito ».
Certes, ce sport a été créé à l’origine pour les aveugles et c’est l’un des rares sports proposés aux déficients visuels où ils peuvent agir librement dans un environnement déterminé sans intervention d’un guide, cependant, le Torball français est ouvert désormais même en compétition officielle aux voyants qui ainsi partagent en toute égalité une pratique sportive avec des handicapés de la vue. Les vertus de ce sport collectif sont indéniables mais pour s’en rendre compte, il faut essayer ...