Publié : 15 février 2005
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Jan Huss

TABOR ET LES HUSSITES

Un moment important de l’histoire tchèque

Tabor et les Hussites.

Jan Huss est un personnage mythique de l’histoire tchèque.

Dans les années 1410 Jan Huss, maître à l’université de Prague, tint de nombreux prêches pour dénoncer l’enrichissement de l’Eglise et son rôle prégnant en politique, ce qui dérogeait à sa mission religieuse.
Il initia alors un mouvement de contestation contre l’Eglise. Des clivages apparurent :
- d’un côté : les milieux universitaires, la cour de Bohème, une partie de la noblesse et le peuple, étaient favorables aux thèses de Jan Huss
- de l’autre : les prélats et les bourgeois de nationalité allemande, s’y opposaient. Les professeurs et étudiants allemands quittèrent alors Prague pour fonder l’université de Leipzig.

* En 1414, Jan Huss se rend au Concile de Constance pour exposer ses thèses. Il est aussitôt arrêté comme hérétique et brûlé sur un bûcher le 6 juillet 1415. Son ami Jérôme de Prague le fut aussi le 30 mai 1416.

La révolution hussite.

Les tensions s’exacerbèrent entre les Hussites et les catholiques.
* Le 30 juillet 1419 des radicaux Hussites précipitèrent des membres du conseil municipal par les fenêtres : c’est la « première défenestration de Prague ».
La révolution hussite gagne progressivement du terrain dans le royaume de Bohème et les « territoires dépendants » (Moravie, Haute et Basse Lusace).

* En 1420 les Hussites promulguèrent les « quatre articles de Prague » qui réclamaient :
- l’égalité des prêtres et des laïcs lors des offices religieux
- le droit à la prédication
- la rédemption des fautes par les châtiments
- la confiscation des biens de l’Eglise et son exclusion de la vie politique.

Après la parution de ces articles on vit de nouveaux clivages au sein des Hussites :
- les modérés et les universitaires
- les centristes (praguois)
- les radicaux en Bohème orientale et ceux de Tabor, (appelés Bohémiens et Taborites)

** En 1420 les Taborites fondèrent une communauté égalitaire, dont la devise était : « A Tabor rien n’est à toi et rien n’est à moi, chacun a une part égale de tout ». De grandes cuves furent installées sur la place du marché et chacun venait y déposer ses biens et partait accomplir le travail qu’on lui avait assigné. On disposait de la liberté de conscience ; un légat du pape aurait dit : « Même une femme de Tabor en sait plus qu’un prêtre italien ». Les activités militaires étaient confiées à trois capitaines élus, dont le célèbre, Jan Zizka de Trocnov.

* Entre 1420 et 1431 cinq croisades furent menées contre les Hussites. Le 26 juin 1426, ceux-ci repoussèrent les Allemands à Usti nad Labem.
En 1433 le roi Sigismond entama des négociations, avec le Taborite Procope le Grand.
Le 30 mai 1434 les catholiques tchèques et les Hussites modérés gagnèrent la bataille de Lipany.
Le 5 juillet 1436 furent proclamés les « compactata » donnant aux habitants de Bohème et de Moravie le choix entre les confessions hussite et catholique ; l’Eglise catholique devenait autonome par rapport à Rome, et ses terres étaient confisquées ; des représentants des villes et de la petite noblesse siégeraient désormais à la Diète dont les prélats étaient exclus.

Post-scriptum

Si vous apercevez à Tabor, un drapeau portant un calice rouge sur fond noir, c’est l’emblême des paysans hussites.