Publié : 4 juin
Format PDF Enregistrer au format PDF

Conseil de lecture pour le lycée

Conseils de lecture – lycée

En rapport avec la prescription des programmes de lycée de se forger une culture littéraire au cours des classes de Seconde et de Première, voici quelques indications bibliographiques, qui n’ont nullement l’ambition de se présenter comme une « bibliothèque idéale ». Il faut plutôt envisager ce florilège comme une sorte de « kit de survie » littéraire, c’est-à-dire d’auteurs et d’œuvres classiques, dont on peut raisonnablement considérer qu’un élève de lycée aura fréquentés et dont il aura une connaissance tantôt approfondie, tantôt superficielle, mais en tout cas suffisante pour être utilisée à bon escient dans les travaux demandés (notamment la dissertation).
Dans l’idéal, afin d’asseoir cette culture littéraire indispensable, il conviendrait de faire une fiche de lecture pour chaque œuvre lue ; dans les faits, pour une lecture-plaisir, ce n’est pas toujours nécessaire. Par contre, la lecture, comme toute activité, doit être prise comme une habitude, qui deviendra de plus en plus aisée avec une pratique régulière.
Enfin, il faut avant tout se laisser guider par son goût, ses attirances, ses affinités : en la matière, il n’y a guère d’autres recommandations que l’envie et le plaisir. Lorsqu’on ouvre un livre, c’est une rencontre avec une histoire, mais aussi avec un auteur, un style, une époque : certaines rencontres sont parfois décevantes (mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’expérience ou d’enseignements à en tirer), d’autres, au contraire, imprévues ou non, nous charment et nous séduisent !

Remarque préliminaire : comment lire un roman ? une pièce de théâtre ? un recueil de poésie ?

Parmi l’offre qui existe aujourd’hui pour les « classiques », il peut être difficile de s’y retrouver pour choisir une édition correcte. Certains critères devront ainsi être privilégiés. Une bonne édition doit offrir une présentation de l’œuvre, voire un « dossier » (souvent placé en fin de volume). D’autre part, il doit obligatoirement y avoir des notes explicatives en bas de page (ou parfois rejetées après le texte) qui expliquent certains mots ou certaines références : c’est une nécessité absolue pour la bonne compréhension des textes. On peut faire facilement confiance aux éditions de poche telles que Livre de Poche, Garnier-Flammarion (« GF ») ou Folio, même si, justement, la qualité de l’annotation est parfois diverse. Par contre, il faut à tout prix proscrire la collection « Librio ».
Nous reviendrons éventuellement plus tard sur la méthode pour les fiches de lecture.
Pour ce qui est de la poésie, plutôt que se lancer à l’aveuglette dans des achats de recueils dont la somme peut s’avérer au final dispendieuse, on pourra picorer dans les nombreuses anthologies disponibles ; celle de Marie-Louise Astre et Françoise Colmez, par exemple, présente l’avantage d’offrir, pour chaque période et chaque auteur, une brève notice explicative résumant l’essentiel à savoir.
Si l’utilisation d’Internet doit être grandement soumise à caution dans les études de lettres, on peut néanmoins en faire un usage vertueux et en tirer profit pour les pièces de théâtre : beaucoup de pièces sont en effet disponibles gratuitement, dans de bonnes versions, sur Internet. Le théâtre est certes un texte, mais aussi un spectacle : on ne peut qu’encourager à regarder les mises en scène proposées.

I – MOYEN AGE

Plutôt que les éditions « scolaires », souvent très mauvaises pour un texte médiéval, on pourra se tourner vers la collection « Lettres Gothiques », aux éditions Livre de Poche, qui contient à la fois le texte original en ancien français et une traduction faite par un spécialiste.

- Béroul, Tristan et Yseut.
- Chrétien de Troyes : Yvain ou le Chevalier au lion ; Perceval ou le Conte du Graal…
- Marie de France, Lais.
- Jean Renart, Le Lai de l’ombre.

II – XVIe siècle

- du Bellay, Les Regrets.
- Montaigne, Essais.
- Rabelais, Gargantua ; Pantagruel.
- Ronsard, Les Amours.

Parmi les poètes à lire en anthologie : Aubigné, Labé, Marot, Scève…

III – XVIIe siècle

- Corneille : Le Cid ; Horace ; Cinna…
- La Bruyère, Les Caractères.
- La Fayette : La Princesse de Clèves.
- La Fontaine : Fables.
- Molière : Les Fourberies de Scapin ; Les Femmes savantes ; L’Avare ; L’École des Femmes…
- Racine : Andromaque ; Bérénice ; Phèdre.

Parmi les poètes à lire en anthologie : Malherbe, Scarron, Voiture…

IV – XVIIIe siècle

- Beaumarchais : Le Barbier de Séville ; Le Mariage de Figaro.
- Diderot : Jacques le fataliste ; La Religieuse.
- Marivaux : La Surprise de l’amour ; L’Île des esclaves ; Le Jeu de l’amour et de hasard.
- Montesquieu : Les Lettres Persanes.
- Rousseau, Les Rêveries du promeneur solitaire.
- Voltaire : Zadig ; Micromégas ; Candide ; L’Ingénu.

Parmi les poètes à lire en anthologie : Chénier, Delille…

V – XIXe siècle

- Balzac : La Duchesse de Langeais ; Eugénie Grandet ; La Femme de trente ans ; Le Père Goriot…
Outre ces romans, on peut également retenir les nouvelles de Balzac, qui sont autant de petits bijoux : La Maison du Chat-qui-pelote ; Adieu ; Le Chef-d’œuvre inconnu ; Sarrasine…
- Chateaubriand : Atala ; René.
- Dumas : Les Trois mousquetaires ; La Dame de Montsoreau ; Le Comte de Monte-Cristo…
- Flaubert : Trois Contes ; Madame Bovary ; L’Éducation sentimentale.
- Gautier : Le Roman de la momie ; Mademoiselle de Maupin (au moins pour la préface).
- Hugo : Notre-Dame de Paris ; Le Dernier jour d’un condamné ; Les Misérables ; Claude Gueux ; Hernani ; Ruy Blas…
- Maupassant : Boule de Suif ; Pierre et Jean ; Une Vie.
- Musset : La Confession d’un enfant du siècle ; Lorenzaccio ; Les Caprices de Marianne…
- Stendhal : Vanina Vanini ; Armance ; Le Rouge et le noir.
- Zola : Thérèse Raquin ; La Curée ; L’Assommoir ; Germinal ; La Bête humaine…

Parmi les poètes à lire en anthologie : Baudelaire, Gautier, Hugo, Lamartine, Lautréamont, Mallarmé, Musset, Nerval, Rimbaud, Verlaine, Vigny… et d’autres !

VI – XXe siècle

- Alain-Fournier : Le Grand Meaulnes.
- Anouilh : Antigone.
- Beauvoir : Mémoires d’une jeune fille rangée
- Beckett : En attendant Godot ; I.
- Camus : La Chute ; La Peste ; L’Étranger…
- Céline : Voyage au bout de la nuit.
- Gide : La Symphonie pastorale ; La Porte étroite.
- Ionesco : Rhinocéros ; La Cantatrice chauve ; La Leçon…
- Jarry : Ubu roi.
- Mauriac : Le Sagouin ; Thérèse Desqueyroux.
- Queneau : Zazie dans le métro.
- Vian : L’Écume des jours.
- Yourcenar : Mémoires d’Hadrien ; L’Œuvre au noir.

Parmi les poètes à lire en anthologie : Apollinaire, Aragon, Bonnefoy, Breton, Char, Corbière, Jaccotet, Laforgue, Supervielle…

VII – Auteurs antiques

Un minimum de culture antique sera toujours appréciable, et parfois nécessaire : très souvent, les auteurs ont des connaissances très solides en latin et en grec, dont ils émaillent leurs œuvres. Outre les quelques indications qui figurent ici, on ne peut que conseiller l’achat d’un dictionnaire de la mythologie « gréco-latine », et de consulter (au CDI ou sur Internet) un panorama, même sommaire, de la littérature antique.

- Aristophane : Lysistrata ; Les Guêpes…
- Homère : L’Iliade ; L’Odyssée.
- Euripide : Médée ; Électre ; Oreste.
- Ovide : Les Métamorphoses.
- Sophocle : Antigone ; Œdipe-roi.

À lire en résumé : Virgile, L’Énéide ; Tacite, Histoires ; Tite-Live, Histoire romaine ; Suétone : Vie des douze Césars.

Documents joints